Fratelli d'Italia (Italie)
Le fascisme n’est plus un fantôme en Italie. Il gouverne.
Pendant que Giorgia Meloni parade sur la scène internationale en dirigeante fréquentable, la jeunesse de son parti rejoue le passé : bras tendus, saluts nazis, hymnes à la gloire de Mussolini, nostalgie affichée sans complexe.
« Dieu, famille, patrie. » Le vieux catéchisme est de retour, le « travail » ayant été discrètement sacrifié. Son Dieu ouvre désormais les portes des centres IVG aux militants anti-avortement et veille sur l’ordre moral. Le même Dieu lui vaut un privilège singulier : être la seule dirigeante en exercice de l’Union européenne invitée à l’investiture de Donald Trump. La symétrie est éloquente. Même méfiance à l’égard des manifestants. Même conception soupçonneuse de la contestation. Meloni a désormais instauré une détention préventive pouvant aller jusqu’à douze heures pour tout manifestant jugé suspect avant même d’avoir agi.
Elle se proclame architecte d’une grande « union des droites ». En réalité, elle s’inscrit au cœur de la résurgence des extrêmes droites européennes. Son parti, Fratelli d’Italia, siège au Parlement européen aux côtés de Marion Maréchal Le Pen, héritière de la dynastie Le Pen, une élue qui revendique son lignage et en célèbre l’héritage politique.
Le fascisme ne revient pas sous la forme d’une chemise noire et d’un coup d’État. L’histoire ne se répète jamais à l’identique.