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VOX (Espagne)

Avec Santiago Abascal, le franquisme revient par effacement de la mémoire.

Son parti, Vox, ne revendique pas directement la dictature de Francisco Franco. Il fait mieux, en contestant le cadre qui la condamne. Les lois de mémoire démocratique seraient « sectaires ». L’exhumation des fosses communes « rouvrirait les blessures ». La condamnation institutionnelle du franquisme deviendrait une « persécution idéologique ». Le passé ne doit plus être jugé, il doit être relativisé avant de pouvoir être mobilisé.

Le reste du programme suit la même logique, avec entre autres : préférence nationale déguisée en légalisme, recentralisation autoritaire de l’État, le féminisme assimilé à une « idéologie de genre » à combattre avec à la clé les lois spécifiques à abroger, et bien sûr la mémoire historique à neutraliser au nom de l’unité nationale. L’adversaire vient de l'intérieur : séparatistes, « globalistes », élites progressistes...

L’ordre, l’autorité, et l’homogénéité nationale sont réhabilités dans une mise en cause de tout ce qui depuis 1978 a construit le consensus démocratique, autour du rejet du franquisme.